Le 7 avril, Journée Mondiale de la Santé, des membres du Manifeste et de l'association des usagers de l'hôpital organisaient une conférence de presse sur la situation générale de la santé en France et plus particulièrement dans le Sud Aveyron sur les sites de Millau et St-Affrique.
Arrêter la casse de nos hôpitaux publics
En préambule Henri Célié, pour l'association des usagers, mettait en avant le contexte international puis national sur la mobilisation des personnels de santé que ce soit sur les conflits ou les guerres mais aussi dans notre pays. "En France, nos hôpitaux publics se trouvent dans une situation critique avec la casse de nos hôpitaux publics par un mode de gestion copié sur le privé, privilégiant la rentabilité à l’humain, entrée du secteur privé à l’hôpital avec des entreprises comme par exemple Happytal ou Doctolib, les fermetures de lits, de services.... En cette période de pandémie mondiale, les personnels des établissements de santé, du médico-social et du social se battent aussi inlassablement pour sauver des vies avec le risque de perdre leur propre santé. Il y a urgence à donner aux soignants du monde entier les moyens nécessaires pour assurer pleinement leurs missions. Les gouvernements doivent mettre les enjeux de santé et de protection sociale au cœur des préoccupations mais aussi la création d'un pôle public du médicament, parce qu'il est inadmissible que les grands groupes pharmaceutiques engrangent des milliards avec l'argent public".
Des départs de médecins et des fermetures de services qui inquiètent
Rose Combes prenait ensuite la parole en tant que co-présidente du Manifeste pour alerter sur la situation de certains services dans les hôpitaux de St-Affrique mais aussi de Millau. "A St-Affrique en imagerie médicale est annoncé le départ du seul médecin du service suite à une démission effective au 1er juillet et il n'y a pas de remplaçant prévu. En biologie à partir du 15 mai il n'y aura plus de biologiste suite à une rupture de contrat. Le service a déjà fermé une semaine en mars et les examens ne sont plus assurés sur place et partent 2 fois par jour à Millau par navette et là aussi il n'y pas de remplacement prévu. Ce sont des examens indispensables pour les services des urgences et de la maternité. Au niveau de la psychiatrie le psychiatre arrivé il y a un an part lui aussi. Il n'y a plus de psychiatre sur St-Affrique et il n'y en a que 2 sur le Sud-Aveyron alors que 5 sont prévus. Ces départs vont être suivis de ceux d'un pédiatre et d'un gynéco obstétricien pour cause de retraite d'ici la fin de l'année". Sur le Centre Hospitalier de Millau les choses sont aussi "inquiétantes avec la fermeture officielle d'un SSR à Millau. Il avait été fermé temporairement pour cause du Covid, une fermeture officielle par l'ARS. Il n' y a plus que 3 SSR au lieu de 4, c'est d'autant plus inquiétant quand on sait l'importance de la présence des proches dans ces cas-là. A Millau aussi des départs avec un urgentiste en mars et un pédiatre et un gynéco prévus avant la fin de l'année aussi..."
L'ARS ne tient pas ses engagements et les politiques se taisent
"La perspective de fusion sur le nouvel hôpital n'enraye pas la fermeture des services et l'engagement de l'ARS et de nos politiques de maintenir les services jusqu'à l'ouverture du nouvel hôpital n'est pas respecté. Que font les élus alors que cette ligne rouge est franchie ? Ils se taisent. L'ARS ment, les élus font le canard et anesthésie la population avec leurs discours. Si personne ne réagit St-Affrique va se transformer en service gériatrique et l'hôpital ne sera pas un grand hôpital compte tenu des fermetures de services."
Ils continuaient en rappelant "les zones blanches au niveau du temps d'accès au futur hôpital, où en est-on de l'étude sur le maintien du SMUR ? Quel sera le statut du futur hôpital ?Aujourd'hui on annonce que 7 millions vont être injectés pour le déficit alors qu'il est de 40 millions pour les deux hôpitaux et à la fin de la décennie ce sera 60. Il créent de l'endettement en ne nommant pas des médecins mais en faisant appel à des remplaçants. ... Il faut que les élus se bougent, nos hôpitaux de proximité sont en train d'être tués".
Ils appelaient les habitants et citoyens à l'approche des élections notamment législatives à bien regarder l'attention portée à la santé et aux hôpitaux publics
Réunion publique le 19 mai à Millau
Ils proposent une réunion publique le 19 mai à la salle de la Menuiserie à Millau en soirée et invitent les candidats à venir répondre sur les questions de santé.



