Patrimoine : la pierre des statues-menhirs frottée à l'air du temps

Rédigé le 19/07/2021


Depuis le 3 juillet et jusqu'au 19 septembre, un collectif d'artistes, l'Atelier 12 Figures, propose dans le Saint-Affricain une exposition de statues-menhirs qui, jouant avec les caractères d'œuvres d'art pluri-millénaires, se met au diapason de l'époque.
 
« 2021 ou l'envers de la médaille », propose Marc Tournaire : soit une femme sculptée dans un bloc de bois, reconnaissable à ses mains et ses seins, dotée d'yeux qui « continuent de rayonner la Lumière qu'ils ont perçue un jour » mais sans bouche (parce qu'elle ne peut parler, relève le sculpteur). En lieu et place de cerveau, un micro-processeur fiché à l'arrière. Autre pièce de Marc Tournaire : « Il était beau mon mas », soit un long morceau de bois en partie calciné. « Fracture » : une grosse pierre scindée symboliquement par une marque de peinture oblique, signée Bertrand Grégoire. « Sapiens » : un autre bloc de pierre sculptée, dessinant une figure peinturlurée, toute à son selfie, signé Pagès du Pilou. Un des artistes présents informe qu'il incarne en personne, pour sa part, avec son corps ceinturé de petites pierres, une statue-menhir.

Selon ce collectif d'artistes présidé par Boris Alexis, la censure, la violence et la vanité pourraient résumer l'année 2021. Quant aux dolmens-menhirs originels, à supposer qu'ils aient endossé une fonction, on ne sait pas laquelle. Sans doute ces œuvres vieilles de 4000 à 6000 ans étaient-elles porteuses, elles aussi, d'une dimension spirituelle. L'exposition itinérante propose en ce début de mois de juillet, à Saint-Affrique et dans les communes alentour, de réinventer le patrimoine aveyronnais. Elle a été encadrée par Myriam Sahnoun, adjointe à la mairie, qui veut, à l'instar du maire, Sébastien David, participer à la promotion d'une « culture populaire ».


 Les pièces sont disséminées dans Saint-Affrique, à La Gravière, dans le hall de la mairie, à la Villotte, à l'Office de Tourisme... D'autres sont à retrouver dans les communes de Rebourguil, Combret, Plaisance et Saint-Sernin, où trône la fameuse « Dame de Saint-Sernin ».

« Nous voulons signifier la présence des artistes », insiste Boris Alexis. « On a besoin d'oxygène, les artistes ont besoin de s'exprimer et ils ont aussi besoin de vivre ». Le collectif souhaite par la suite acquérir une statue-menhir et la mettre à disposition d'une commune qui, prête à la racheter, en assurerait par là la pérennité.